Hasselblad célèbre les 50 ans de l’Homme sur la Lune

Hasselblad, dossier de presse Apollo XI, couverture, 1969

Le prestigieux fabricant suédois d’appareils photos a ressorti de ses archives le dossier de presse diffusé en septembre 1969 pour saluer le succès de la mission Apollo XI, deux mois plus tôt. C’était il y a cinquante ans, et Hasselblad a eu son rôle à jouer.

Le portrait de Buzz Aldrin dans sa combinaison d’astronaute, avec l’horizon lunaire derrière lui, c’est certainement l’une des photos les plus emblématiques de la conquête spatiale. Face à lui, ce 20 juillet 1969, Neil Armstrong, premier homme à avoir marché sur la Lune. Mais aussi, photographe officiel de la mission Apollo XI. Et c’est là que tout le monde comptait sur Hasselblad.

A l’époque, l’entreprise suédoise collabore avec la NASA depuis 1962. Elle lui fournit les appareils photo utilisés lors des expéditions dans l’espace. Mais cette mission-là, il ne fallait surtout pas en rater les moments forts. Qu’aurions-nous à voir aujourd’hui si la technique photographique avait connu quelques défaillances ?

C’est donc soulagés que les techniciens d’Hasselblad, à Gothendburg, en Suède, découvrent les photographies prises par Neil Armstrong durant sa balade lunaire de près de 2 heures 30. Tout comme celles prises de l’intérieur du module. Des clichés d’une qualité exceptionnelle, comme le raconte le communiqué de presse de l’époque :

Les photos étaient si bonnes que même nous, qui avions déjà vu 9000 clichés pris avec un Hasselblad dans l’espace, nous avons eu le souffle coupé. Mais ce n’est pas tout. Les meilleures de toutes étaient ces photographies prises par Neil Armstrong sur la surface de la Lune. Même les images de la Terre prise par l’astronaute Collins étaient exceptionnelles. Elles révélaient d’autres aspects de la planète que ceux pris durant les missions précédentes, notamment « la nouvelle Terre », que vous pouvez voir parmi toutes les photographies de ce dossier de presse.

Zeiss pour les objectifs

Techniquement, les photographies ont été prises sur des pellicules Kodak extrafines. Un moyen d’optimiser l’espace disponible dans les magasins des appareils photo, et donc de réaliser plus de vues qu’à la normale.

Hasselblad a fourni pour cette mission Apollo XI deux appareils. Le premier, fixé au niveau du thorax sur la combinaison de Neil Armstrong, est un Hasselblad 500EL Data Camera. L’appareil est doté d’un objectif Zeiss Biogon 5.6/ 60 mm, et d’un verre à réticules gravés. Les réticules, ce sont ces croix que l’on voit sur certaines des photos de la surface de la Lune. Ils permettent notamment d’évaluer les distances d’un point à un autres.

Les autres photos, sans réticules, ont été prises avec le second appareil de la mission : l’Hasselblad Electric Camera, doté d’un objectif standard Zeiss Planar 2,8/80 mm. C’est avec lui que seront prises les photos de l’intérieur du module lunaire. Notamment ce portrait de Buzz Aldrin publié dans le dossier de presse Hasselblad de septembre 1969.

Quels appareils Hasselblad ont été laissés sur la Lune ?

Si les trois astronautes de la mission Apollo XI sont revenus sains et saufs sur Terre, on ne peut pas en dire autant des deux Hasselblad. Chaque gramme est compté pour le retour, il donc prévu d’abandonner les appareils pour éviter du poids inutile.

Une dernière photo à bord du module, et les deux boîtiers, et leur objectif, sont abandonnés dans la poussière du sol lunaire. Un abandon qui a un prix. « Au total, la valeur de l’ensemble du « tas d’ordures » était d’environ 1 million de dollars ». Soit, en 2019, près de 7 millions de dollars !

Seuls rescapés de cette séance photographique lunaire : les magasins contenant les pellicules. Et pour cause ! Le communiqué de presse du fabricant suédois relate  d’ailleurs ce dialogue entre Neil Armstrong et la NASA :

Le dernier message qu’il reçu fut : « Neil, ici Houston, tu as bien enlevé le magasin de l’Hasselblad ? Oui, bien sûr ! »

C’est dire si les photos comptaient pour beaucoup dans cette mission. D’un point de vue documentaire bien sûr, mais aussi d’un point de vue communication ; voire même dans un souci de propagande pourrait-on dire, à une époque où le monde était encore rythmé par la guerre froide.

Aujourd’hui, ces photos s’apprécient autrement. Elles se distinguent pour beaucoup par leur aspect esthétique. Mais elles sont aussi un hommage à un exploit humain sans précédent. Grâce à l’abnégation d’une poignée d’astronautes. Grâce aussi à des ingénieurs qui ont su adapter leur matériel aux contraintes de l’espace et de la Lune. Merci Kodak pour les pellicules. Merci Zeiss pour les objectifs. Merci Hasselblad pour les boîtiers.


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